Littérature japonaise

Publié le par Tenju



La littérature japonaise... J'ai lu mon premier livre traduit du japonais au début de l'année, mon père m'ayant offert un coffret de trois livres de Yoko Ogawa pour Noël. Ma première impression, en lisant les premières pages : le style n'est pas très différent de celui dont j'ai l'habitude, mais bon, forcément, c'est traduit. Les métaphores sont souvent plus poétiques que les nôtres, et plus imagées, je pense.

La principale différence, ça reste le fond. L'histoire est comme une coquille, et il faut imaginer ce qu'il y a dedans. C'est au lecteur de trouver le sens qu'il faut donner au récit. Vous savez, ces fins frustrantes, qui vous laissent sur votre fin ? Dans tous les livres japonais que j'ai lus, c'est pire. Du coup, on se retrouve quand même un peu perdu, parce qu'on n'a plus ses repères habituels. Si des filles disparaissent mystérieusement, vous saurez jamais exactement pourquoi. Il faut le lire entre les lignes. Quand on est habitué à une fin où on nous démontre exactement comment elles ont disparu, dans quelles circonstances, pourquoi, c'est dur. (>.<) Mais c'est très intéressant.

J'ai lu également A l'Ouest du Soleil, au Sud de la frontière, qui m'a laissé une impression très étrange. On se pose plein de questions sur la jeune femme dont il est question, et au fur et à mesure qu'on lit le livre, on sait qu'on aura jamais les réponses. Quand je lis un livre, je m'imprègne toujours beaucoup de l'ambiance du récit, et après l'avoir fini, j'étais de mauvaise humeur toute la journée, maaais j'ai beaucoup aimé. (^.^) Finalement, on se rend compte que c'était pas si important de connaître ces détails. Alors que dans un livre occidental, j'pense que c'est assez rare qu'on commence une intrigue comme ça sans la terminer. Les récits japonais sont beaucoup plus abstraits, je trouve, très imagés. Comme des allégories géantes.

Tokyo électrique, c'est un recueil de cinq nouvelles écrites par des auteurs japonais, dans le but de les traduire en français. Chaque nouvelle se passe dans un quartier différent de Tokyo, un petit quartier ancien de banlieue, Shinjuku, Ginza, et les autres, je sais plus. Une de ces nouvelles raconte l'histoire d'un jeune homme qui se retrouve à devoir vivre sur le toit d'un immeuble, dans une tente jaune. Là encore, on s'attend à savoir comment il va faire pour s'en sortir. Mais dans un livre japonais, c'est pas le but. Donc la fin est assez surprenante. Quand on arrive à l'avant-dernière page, ça surprend toujours. On se dit que non, ça peut pas finir comme ça, quand même ? Pourquoi y a plus qu'une page ? Bon, ok, d'accord. Cette fin est bien aussi.

En lisant un livre japonais, on plonge dans un univers décalé, que j'ai trouvé plus dépaysant que mon voyage à Tokyo... (^.^) C'est un monde complètement différent de celui dont on a l'habitude, en profondeur. Quand on visite le pays deux semaines, on aborde qu'un aspect superficiel du pays. La façon de manger, de s'habiller, comment ils parlent, ce qui les intéressent. Avec la littérature, on plonge.

J'ai lu aussi des livres écrits par des Français vivant à Tokyo. Là, on a un point de vue extérieur, plus familier, qui pourrait ressembler au nôtre. C'est très intéressant aussi. Le premier que j'ai lu, Amélie Nothomb bien sûr, Ni d'Eve ni d'Adam, offert par mon père également. Enfin, son cas est un peu particulier puisqu'elle est née là-bas, et elle a aussi un style très particulier, mais j'ai adoré. Je sais pas si "mais" est le terme qui convient, j'adore son style. (^.^) Elle raconte son histoire avec un Japonais qu'elle a rencontré là-bas, mais ce n'est pas une histoire typiquement japonaise. J'ai lu aussi Stupeur et tremblements, mais on a parfois du mal à savoir si ça se passe vraiment comme ça... J'pense qu'il faut plus s'imprégner de l'ambiance générale, plus que tenir compte des faits précisément et les prendre tels quels.

Un livre offert par ma mère, cette fois-ci (oui, ils sont bien au courant de ma passion, j'ai de la chance  ), le premier roman de Richard Collasse. C'est un roman autobiographique : La Trace. Il raconte sa découverte du Japon, quelques décennies auparavant. Il doit y avoir pas mal d'anecdotes authentiques dans ces passages. Il y a deux sortes de chapitres, ceux qui reviennent en arrière, à son premier voyage, et les chapitres qui racontent sa vie actuelle. C'est difficile de dessiner une frontière entre le réel et l'imaginaire, mais l'histoire est vraiment touchante, très agréable à lire, et teintée de beaucoup de Japon.

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